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3. Effets secondaires à long terme des traitements

1. Apparition de seconds cancers :

Sur 1377 patientes traitées au Charing Cross Hospital par chimiothérapie de 1958 à 1990 [1], la durée moyenne de suivi a été de 11 ans.

L’apparition de tumeurs secondaires a été observée chez 39 patientes (RR = 1,51). Le risque relatif de seconds cancers est augmenté pour les leucémies myéloïdes entre 1 et 4 ans après traitement (RR = 64,81 ; p < 0,0001), pour les cancers coliques entre 5 et 9 ans (RR = 9,5 ; p = 0,019), pour les mélanomes entre 10 et 14 ans (RR = 11,24 ; p = 0,003), et pour les cancers du sein après 25 ans (RR = 5,79 ; p = 0,016).

Toutes les patientes avaient reçu du méthotrexate. Aucun second cancer n’est apparu après monochimiothérapie par méthotrexate ou actinomycine D dans le groupe à risque faible.

Toutes les patientes ayant développé un second cancer avaient reçu de l’étoposide, du méthotrexate et de l’actinomycine D. La conclusion est que l’étoposide augmente de façon significative le risque de cancers secondaires.

En pratique :

les TTG traitées par chimiothérapie à base d’étoposide, ont un risque significativement augmenté de développer un second cancer.

2. Fertilité et grossesse :

Les patientes traitées pour TTG sont généralement jeunes d’où l’importance de préserver au maximum les possibilités de grossesse et de limiter les hystérectomies aux tumeurs du site d’implantation et aux tumeurs résistantes à la chimiothérapie. Généralement la grossesse est autorisée un an après la fin du traitement. En effet, une grossesse débutée avant ce délai empêcherait une surveillance correcte par les hCG.

Il faut aussi éviter une tératogénicité éventuelle, en particulier si une chimiothérapie doit être reprise pour récidive. Cependant, au cas où une grossesse survient moins de un an avant la fin du traitement, l’interruption de grossesse ne doit pas être proposée mais cette grossesse doit être étroitement surveillée [2]. L’avenir obstétrical des patientes traitées par chimiothérapie pour TTG a été bien étudié. Le New England Trophoblastic Disease Center (NETDC) a fait une revue de littérature, collectant ainsi 1291 patientes suivies pour grossesse après chimiothérapie [3]. Plus de 77% des grossesses ont abouti à la naissance d’un enfant normal, dont 74,5% à terme et 4,2% prématurés.

Des avortements spontanés ont eu lieu dans 13% des cas, et une malformation congénitale dans 2 à 3% des cas, ce qui ne diffère pas de la population générale. Il est à noter que, pour une patiente aux antécédents de grossesse môlaire, le risque de récidive de môle lors d’une grossesse ultérieure est augmenté à 1%. C’est pourquoi il est important de réaliser rapidement dès l’aménorrhée un dosage des hCG sériques et une échographie afin de diagnostiquer une grossesse normale.

Références bibliographiques

[1] Rustin GJS, Newlands ES, Lutz JM, Holden L, Bagshave KD, Hiscox JG, Foskett M, FullerS, Short D. Combination but not single-agent methotrexate chemotherapy for gestational trophoblastic tumors increases the incendence of second tumors. J Clin Oncol 1996 ; 14 : 2769-73.

[2] Lan Z, Hongzhao S, Xiuyu, Yang X. Pregnancy outcomes of patients who conceived within 1 year after chemotherapy for gestational trophoblastic tumor : a clinical report of 22 patients. Gynecol Oncol 2001 ; 83 : 146-8.

[3] Berkowitz RS, Bernstein MR, Laborde O, Goldstein DP. Subsequent pregnancy experience in patients with gestational trophoblastic disease. J Reprod Med 1994 ; 39(3) : 228-32