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I. Pourquoi un centre de référence ?

De nombreux arguments justifiaient la création d’un centre en France, à l’instar des centres existants déjà dans d’autres pays (Grande-Bretagne, Etats-Unis, Japon, Chine...).

Éviter les erreurs de diagnostic

Tout d’abord, les maladies trophoblastiques constituent une pathologie rare et mal connue de la grossesse, les erreurs de diagnostic sont donc plus fréquentes. Le diagnostic histologique (analyse du placenta sous microscope) des môles est difficile et les erreurs fréquentes nécessitent le recours à un pathologiste référent. Des môles étiquetées partielles peuvent correspondre à des fausses couches banales ne justifiant aucune surveillance tandis que d’autres peuvent correspondre à d’authentiques môles complètes nécessitant une surveillance plus longue avec un risque important de tumeur trophoblastique. Une étude anglaise a montré en relisant les préparations histologiques de 436 môles partielles que dans 23.2% des cas, les lames ne correspondaient pas à une pathologie molaire. La relecture des examens histologiques par un anatomopathologiste expert en la matière a permis à ces femmes d’éviter un traitement, une surveillance et donc un stress inutile [1].

Éviter de multiplier les aspirations :

La pratique raisonnée d’une ou deux aspirations sous contrôle échographique permet de minimiser le traumatisme utérin chez ces patientes souvent jeunes désireuses de maternité.

Éviter des erreurs dans le suivi et la surveillance de l’évolution

Le risque d’évolution vers une tumeur trophoblastique dans environ 10% des cas, justifie une surveillance systématique de tous les cas de môles, y compris des môles partielles [2]. En effet, la surveillance permet, dans dépister au plus tôt ces rares cas d’évolution tumorale et ainsi de proposer le traitement efficace le moins lourd possible

Aider les médecins et les patientes dans la surveillance régulière de l’évolution

Cette surveillance est basée sur un test unique hautement spécifique, le dosage d’hCG [3], qui doit être répété toutes les semaines jusqu’à normalisation du taux.

Une demande de relecture des lames des patientes par un des référents anatomopathologistes du Centre est systématiquement faite lors de l’enregistrement du dossier.

Pour les patientes enregistrées au centre, les attachées de recherche se chargent de faire la courbe semi-logarithmique des HCG et de la transmettre à leur médecin.

Coordonner le bilan d’extension

Une évolution secondaire impose la réalisation d’un bilan d’extension qui doit être harmonisé pour diminuer la quantité d’examens d’imagerie pratiqués [4].

Apporter l’aide d’une équipe expérimentée pluridisciplinaire pour le choix des traitements

En fonction du résultat de ce bilan, l’équipe pluridisciplinaire doit habituellement opter soit pour une monochimiothérapie simple, soit pour une polychimiothérapie lourde. Le choix de la thérapeutique nécessite un avis concerté et expert entre gynécologues, oncologues médicaux, anatomopathologistes et biologistes, et parfois, radiothérapeutes, chirurgiens viscéraux et neurochirurgiens.

Mieux connaître ces maladies pour mieux les prendre en charge

En France, on ne dispose d’aucune donnée sur le nombre de femmes atteintes de cette pathologie chaque année. Le faible nombre des patientes et leur dispersion sur le territoire rend également difficile les études de recherche clinique qui permettraient de mieux connaître les facteurs de risque de ces pathologies et les traitements les mieux adaptés. L’existence d’un centre de référence, et peut-être à terme d’autres centres en réseaux, devrait permettre de regrouper un plus grand nombre de femmes et de médecins et ainsi de mener des recherches plus valides.

Références bibliographiques

[1] Paradinas FJ, Browne P, Fisher RA, Foskett M, Bagshawe KD and Newlands E. A clinical, histopathological and flow cytometric study of 149 complete moles, 146 partial moles and 107 non-molar hydropic abortions. Histopathology 1996 ;28:101-10

[2] Seckl MJ, Fisher RA, Salerno G, et al. Choriocarcinoma and partial hydatidiform moles. Lancet 2000 ;356:36-9

[3] Cole LA. hCG, its free subunits and its metabolites. Roles in pregnancy and trophoblastic disease. J Reprod Med 1998 ;43:3-10

[4] Kohorn EI. The new FIGO 2000 staging and risk factor scoring system for gestational trophoblastic disease : description and critical assessment. Int J Gynecol Cancer 2001 ;11:73-7